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Leur cartable : Bertrand Guillot

Leur cartable : Bertrand Guillot

Bertrand Guillot - Paroles d'auteur... - Jeudi 08 Septembre 2016


Le cartable, c'est sacré

Le plaisir du cartable, ça a d'abord été d'en avoir un. Quelle fierté, pour mon entrée en CP, que d'avoir mon cartable tout neuf sur le dos, avec dedans ma gomme parfumée et mes premiers cahiers de grand.
Pour les six années à venir, le plus important était dans le cartable : les premiers manuels, mon premier stylo plume, les cahiers, le carnet de correspondance...
... Puis est arrivé le collège : un livre et un cahier par matière, en 6e il fallait surtout qu'il ne soit pas trop lourd... Mais bien vite, l'enjeu s'est déplacé du contenu au contenant. Il me fallait absolument un cartable cool, comme les autres. Six mois, je me suis battu avec mes parents pour enfin troquer mon vieux cartable à bretelles pour un sac en toile de jean.
Et c'est ainsi que, jusqu'à la fin du collège, j'ai laissé comme les autres traîner mon vieux sac US au pied d'un poteau à chaque récré. Je savais que personne n'allait me le piquer : un cartable, c'était sacré.

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Leur cartable : Louis Dumoulin

Leur cartable : Louis Dumoulin

Louis Dumoulin - Paroles d'auteur... - Dimanche 17 Juillet 2016


Mon cartable ou la vie sauvage

C’est un grand cartable lourd et inconfortable ployant mes épaules sous 10 kilos de savoir. Je me souviens de sa pesée à la maison et du mot dans le carnet de correspondance. Mes parents se plaignent au maître, demandent qu’on partage les livres entre voisins de classe afin d’éviter une génération de scolioses provoquées par l’Éducation Nationale. Rien n’y fait, le cartable reste lourd, il dépasse de chaque côté de mon corps d’enfant fluet. Je le garde bien trop tard, jusqu’en 6 e . Tout le monde porte un sac à dos, c’est plus cool, moi j’ai mon cartable. Noir. Toujours trop grand. Avec dessus, écrite en grandes lettres oranges, l’inscription « Wild Life ». Ironie du fabricant dont je me venge à force de maltraitances. Chris Waddle, Basile Boli, Enzo Scifo pour qui je deviens, le temps d’une saison, fan de Monaco : mes idoles de pré-adolescent trouvent toutes droit de citer sur mon cartable « Wild Life ». Au tipex sur la toile noire je crée mon Panthéon d’enfant. Quand sonne la récré, vient l’heure de faire les buts pour la partie de foot. Certains sacrifient sans problème leurs vieux manteaux, moi c’est « Wild Life ». Ce poteau rectangulaire, j’en connais les rebonds capricieux. Alors, quand j’hérite du ballon en mousse grignotée par nos parties endiablés, j’aplatie la sphère sous mon pied, protège mon ballon les bras écartés, crochète, frappe… Et But ! « Wild Life » rentrant.

Louis Dumoulin - Écrivain
Auteur de : Des bleus dans les yeux ( Édition du sous sol)

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Leur cartable : Bernard Chenez

Leur cartable : Bernard Chenez

Bernard Chenez - Paroles d'auteur... - Samedi 16 Juillet 2016


TATOUPRIS 

A peine avalée la tartine beurrée et le bol de café au lait, ma mère donnait le signal : “ Tatoupris ? ” Oui, je n'avais rien oublié. Depuis la veille au soir, mon sac d'école était prêt. On disait “ sac d'école ”, le mot cartable ne figurait pas dans notre vocabulaire familial, sans que j'en connaisse le pourquoi. Le plumier en bois à doubles tiroirs coulissant renfermait les outils nécessaires pour accomplir avec sérieux mon métier d'écolier.

Les plumes Baignol et Farjon “ Gloire De Boulogne ” n° 3 298 avaient ma préférence. Plus rondes, plus féminines que les “ Sergent Major ”, raides et dures qui justifiaient à mes yeux leur allure par trop militaire. Sur le couvercle coulissant, le mot PLUMIER était inscrit en lettres à l'anglaise que je m'efforçais, avec un certain succès, à reproduire dans mon cahier d’écriture. Cette majuscule, ces pleins et ces déliés m'ouvraient à l’esthétique. Déjà. Le livre de grammaire annonçait la dictée du mardi matin. Celui d'histoire, les leçons à apprendre, le soir, sur la table de la cuisine. Saint Louis sous son chêne, le chevalier Bayard, Jeanne d'Arc devant Orléans, Louis XIV “ qui avait trop aimé la guerre... ” habillaient mes rêveries.

J’ignorais encore qu'Epinal avait déjà récupéré toutes ces images. Dans une de ses chansons, Claude Nougaro affirme que son cartable était bourré de “ coups de poings ”. L'école primaire où je faisais mes classes étant située à six cents kilomètres plus au nord que sa ville rose, mon sac d'école ne contenait que de sages ennuis. Nulle odeur de cuir, clos par un unique fermoir en fer blanc, mon sac était en carton bouilli. Comme mes culottes courtes, il a dû finir dans une malle de grenier, avant que l'oubli, jusqu'à aujourd’hui, ne le fasse disparaître.

Bernard Chenez - Dessinateur

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Leur cartable : Benoît Heimermann

Leur cartable : Benoît Heimermann

Benoît Heimermann - Paroles d'auteur... - Mercredi 13 Juillet 2016


L’ESSENTIEL

C’est en retournant à l’école (pour accompagner mon fils) que je me suis aperçu que le cartable appartenait à une histoire révolue. A en juger par la disparité des sacs, sacoches, musettes, besaces, serviettes, leurs formes dissemblables, leurs couleurs contradictoires, leurs modes de suspension singuliers qui, sur une épaule ou sur deux, qui, souples ou rigides, qui même, équipés d’un système de roulettes sophistiquées et d’une poignée télescopique à l’avenant, je me rende à l’évidence : les temps avaient changé et le transport des savoirs avec eux. A recenser toutes ces options et tous ces choix, il sautait aux yeux que la liberté et l’indépendance étaient à l’ordre du jour, tout au moins en apparence. Chaque élève avec, de surcroît, un surplus de colifichets, d’écussons, de tags, de porte-clefs bien distincts se distinguaient et se singularisaient à l’infini. Une ou deux générations plus tôt, nous n’étions que norme et conformisme. Nos cartables étaient parallélépipédiques, de teintes sombres et agrémentés, au mieux, de deux bretelles pas si éloignées de celles utilisées par nos propres pères. Je devais l’admettre : nos progénitures avaient chamboulé les modes et les principes. La preuve : le contenu de leurs bagages avait lui-même évolué. Méthode globale, calculettes électroniques, QCR, travaux appliqués : c’est vers la modernité que frayait désormais un enseignement qui, en d’autres temps, se félicitait simplement d’être classique.

Le voici donc désormais connecté (le fameux cartable !). Avec le monde qui va, le temps qui passe et l’avenir qui, forcément, nous promet encore bien davantage. On ne peut que s’en féliciter ! Modifier l’enveloppe, réactualiser ce qu’elle contient : qui n’adhérerait pas à un tel programme ? S’ouvrir vers l’ailleurs et être en phase avec les différences voilà un challenge qui ne peut que nous séduire. Espérons simplement que les privilégiés qui en profiteront n’oublient pas, dans le même temps, l’essentiel : les vingt-six lettres de l’alphabet, les tables de multiplication et les règles du savoir-vivre qui, elles aussi, elles surtout, font une bonne éducation.

Benoît Heimermann - Écrivain
Auteur de : Femmes des pôles ( Édition Paulsen)

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LEUR CARTABLE : CLAUDE BOLI

LEUR CARTABLE : CLAUDE BOLI

Claude Boli - Paroles d'auteur... - Mardi 12 Juillet 2016


Je me souviens encore de ce cartable : il était ma vie, mon histoire, le témoin des matchs joués sous la chaleur suffocante des chemins sinueux d’une école située à près de 15 km de la maison. Mon cartable n’avait pas de nom car il incarnait chacun des possesseurs d’une fratrie de plusieurs garçons. Mon sac a été notre sac. Dès son achat exceptionnel dans un magasin climatisé dont la clientèle était majoritairement
issue des milieux aisés d’Abobo (quartier du nord d’Abidjan, la capitale de la Côte d’Ivoire), il a été une pièce d’un chaînon qui unissait les Boli brothers. Je l’ai autant aimé que détesté. En tant que petit… petit… petit frère, j’ai dû le recevoir dans un état de dénuement esthétique : anse remplacée par un morceau de tissu pagne, cuir usé, traces indélébiles d’encre de stylo bic…

Arrivé à l’âge où l’enfance se conjugue avec esprit d’aventure, le sac collectif est devenu mon sac de toutes les facéties. Je l’utilisais comme un puits enchanté des pages de BD et de journaux (Akim, et France-Football notamment) que je ramassais dans les librairies dites « par terre » où les ouvrages d’occasion sont étalés à même le sol. Mon sac, je l’instrumentalisais aussi comme poteau de but. A l’issue des rencontres, je m’approchais discrètement pour le réduire ou l’allonger au grès de la qualité de l’adversaire. Quelle belle complicité ! Nous étions unis par le dos et les pieds.

Parler de cartable c’est évoquer une enfance qui continue et continue à me porter et à me porter….

Claude Boli - Écrivain
Auteur de : Mohamed Ali ( Édition folio)

 

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Bernard Morlino - Paroles d'auteur...

Bernard Morlino - Paroles d'auteur...

Bernard Morlino - Paroles d'auteur... - Lundi 11 Juillet 2016


Je n’ai aucun souvenir précis d’un cartable. Plutôt une multitude d’impressions liées à lui.  Nous étions dans les années 1960. Mes cartables étaient tous à poignets.  J’en ai eu plusieurs : à languette unique ou à double fermoir.  Ils avaient tous une poignet et jamais de bretelles. Je les portais à la main, en penchant mon corps du côté opposé pour équilibrer, à cause du  poids des livres et des cahiers. A mon époque ils étaient en cuir ou simili cuir, noir ou marron. Si je devais retourner à l’école aujourd’hui, j’en prendrais un aux couleurs de l’OGCNice. De mon temps, ça n’existait pas.

Je n’aimais pas du tout qu’on appelle serviette un cartable. Pour moi, une serviette c’était pour s’essuyer la bouche et les mains. Dans l’un de mes cartables il y avait un petit étui grillagé avec un carton pour y inscrire son nom et son adresse. Je l’avais rempli, transformant mon cartable en valise. Hélas ! cela ne m’a pas permis pas de m’évader du lycée Masséna. Il n’y avait que des garçons, pas une seule fille. Ambiance beaucoup trop masculine pour moi qui n’avais pas de sœur. Le seul intérêt de mon cartable c’est qu’il me permettait de symboliser un montant des « bois » quand on jouait au ballon dans la cour. Trois autres élèves faisaient comme moi afin de créer un terrain de football. On se chamaillait souvent pour savoir si le ballon avait ou non frappé le montant qui n’existait pas !         

Bernard Morlino - Écrivain
Auteur de : Éloge du dégoût ( Édition du Rocher)         

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